BJ the chicago kid, BigFlo, Oli, Alfa Mist et autres artistes

Après une semaine d’éparpillement musical et autres distractions pas toujours synchronisées, j’ai décidé d’en finir avec cet article que je rumine depuis 2, 3 jours. Pour vous servir ça tout chaud, en ce dimanche 22 février.

(temps de lecture : entre 5 minutes et une demi heure, ça dépend)

L’autre matin, je suis tombé sur un tweet utile. Il ne m’a pas fait la morale, n’a pointé personne, et n’a pas placé de bon mot clivant. Je parle du tweet.

Il ne mimait pas non plus un prétendu dialogue, dont la réponse en commentaire serait ignorée. Et pour toutes ces raisons, j’ai aimé ce tweet. Passionnément, éperdument. ça va, calmez-vous, il ne s’agissait que d’un simple tweet « anniversaire », m’informant que cela faisait tout juste 10 ans que BJ the Chicago Kid avait sorti « In my mind », une bien bonne galette (ça se dit encore ? allez pas grave, c’est fait) de musique soul. Moi aussi, j’aime écrire pour m’amuser, un peu comme Gonzaï, Tedji ou le crew des Haterz.

Ce disque je l’ai réécouté, alors que je me déplaçais dans le commun des transports. Cela me permet de vous assurer que si vous aimez la soul, le Rnb langoureux, vous pouvez y aller les yeux fermés. Voire à l’aveugle, en moonwalk.

Quelques jours après, BigFlo et Oli dans mon feed

Quelques jours plus tard, je tombe sur un tweet m’informant d’un message de BigFlo, à mon corps défendant. Tout va très vite dans mon cerveau : j’ai le temps de me rappeler que je n’aime pas trop leur musique, mais très vite, l’accroche « fuck colors » m’interpelle. Eh oui, tout apprenti moraliste que je suis, moi aussi je cède facilement aux douces sirènes de l’octogone et du clash : vieille recette qui a fait ses preuves, depuis les débuts de la presse. « Colors », c’est le nom d’une émission youtube qui marche pas mal, et où nombre d’artistes ont enregistré des prestations live, depuis quelques années. Or, BigFlo et Oli ont expliqué avoir été très déçus de leur non invitation, comme pour la fois où Orelsan « leur a refusé le feat ». Si vous avez pas suivi, la vidéo dans le tweet en-dessous peut vous aider.

Le précepte de Spinoza m’enjoignant de « ne pas me moquer », de « ne pas aimer ni détester, mais de comprendre » (j’aimerais bien voir ce vieux philosophe n’ayant pas connu les réseaux sociaux, dans une pareille situation) était déjà loin, foulé au sol par la puissance quasi hypnotique de ce « fuck colors », suivi d’une violente attaque sur cette situation de quasi-monopole, à propos de l’utilisation des couleurs.

Flyin’ high

Bref, pour résumer, les deux frères se sont refaits en enregistrant un titre dans un atelier Airbus. Pour des Toulousains, ça a du sens. Un peu plus tard, ça m’a inspiré une proposition non moins truculente, pour un Colors dans un abribus (éventuellement en assoc’ avec les bonbons dragibus : à étudier).

Oui, je me moque, et là, je me dis que finalement, peut-être qu’on aura un jour Orelsan feat. BigFlo et Oli. Mince je suis revenu sur le brouillon de ce matin, j’écoute « la vraie vie », et je me surprends à trouver ça pas si mal. Egocentré moi aussi, j’aime bien changer d’avis.

Don’t push me

Mais pourquoi m’en prendre ainsi à BigFlo et Oli, qui de toute évidence, ne m’ont rien fait ? Cible facile, me dira t-on : moins effrayants qu’un certain nombre de zinzins du rap game (cela dit, on en sait rien, comme chacun sait, l’habit fait pas le moine). C’est possible. Mais au-delà, et c’est peut-être bien ça le problème, leur musique ne m’a rien fait, ou si peu. Mais restons en là, je suis pas Le Masque et la plume.

« On se croisera pas pendant le vol » dans ce titre « 44D », rappe BigFlo. 2ème degré ou pas, le propos est limpide, dans leur texte : ils volent en business class, avec le programme « flying blue platinum ». Alors bon, on est un peu loin de Melle Mel dans « The message », bande de boomers entre deux gen, (xyz, j’en passe et des meilleures), mais ne soyons pas trop durs avec eux. Parce qu’on se croisera peut-être à la sortie du terminal, mais aussi, parce que la notoriété, c’est pas si facile : ça exerce une certaine pression, demande aux Daft Punk, et à ceux qui auraient aimé avoir la même idée (par rapport aux masques). Le succès ça isole, et ça renforce sans doute cette fâcheuse tendance, déjà présente chez la moyenne des êtres humains : vouloir être aimé par tout le monde, plus ou moins. Piste vaine, Oli le sait bien, quand il rappe son besoin de se libérer du rêve d’être dans notre top 3. Néanmoins, même si je suis loin d’avoir épluché leur discographie, je leur ai parfois trouvé des rimes justes, comme sur le titre « Sacré bordel ».

Changeons de disque

Mais pas le temps pour les regrets, ni pour m’user plus longtemps dans cette analyse légère, qui casse pas trois pattes à un canard. Là à l’instant, j’écoute l’album « Choke enough » d’Oklou : c’est lourd. Comme sur ce titre prodigieux, où il se passe plein de choses.

ça me fait voyager, un peu comme l’excellent jazz d’Alfa Mist, dont je me régale depuis quelques mois. Un jazz raffiné, qui ne rechigne pas à inviter des rappeurs, Quelle Chris sur un titre, Homeboy Sandman sur un autre. Un peu de snobisme musical, ça fait pas de mal. Comme dans le jazz de Nougaro, ô Toulouse.

Un bonus pour la route

Cette semaine, j’ai aussi découvert ce très joli disque de Myscier Blodya et KinChino. J’ai pas encore eu beaucoup de temps, pour enquêter sur eux, donc je me contenterai d’insérer ci-dessous. Mais peut-être qu’un de ces jours, je vous en dirai plus à leur sujet. On sait pas.


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