Nemo Nebbia. S’il y a des rappeurs à suivre, il y en a d’autres qu’il faut surtout écouter. Des rimes soignées, et des textes plutôt bien foutus. À l’heure où les paradoxes autour de la communication n’ont sans doute jamais été aussi forts, Nebbia ne craint pas d’appréhender ce champ thématique sous différents angles.
D’ailleurs, si l’on rapporte la qualité de son rap à la grande foire à la saucisse qu’est l’exposition médiatique, on se demande pourquoi il n’est pas plus écouté. Je dirais même plus, on s’interroge, avec une certaine stupéfaction. Enfin, je dis ça mais je connais pas ses stats.
En ce qui me concerne, et même si j’avais vu passer son blaze avant, j’ai réellement pris le temps de l’écouter à partir de « Vents contraires », sorti en 2022. Avec ses textes travaillés, on se demande ce que font les médias urbains, les médias ruraux, ainsi que les médias mainstream bien sûr, sans doute trop occupés par l’analyse socio-musicale du dernier Patrick Sébastien. Alors oui, le public a raison, me dit-on. Mais ici, c’est pas « la chance aux chansons ». T’as vu ? Le public est-il bien informé ? (c’est vrai ça, qui sont ces gens ?)
En 2022, il a rempilé avec un autre très joli disque, nommé « Soleil bleu ». Et l’écriture est toujours aussi dense. Ciselée de vérités brûlantes, qu’on ne peut accoucher qu’après de vraies gamberges, comme sur N2.
Près de trois ans après, un remix émerge
Ce matin, je me suis rendu compte qu’il avait sorti un remix du titre « Vents contraires ». Alors que la tradition des remixs s’est un peu perdue dans le rap français, ça fait plaisir. Réalisé par le beatmaker lyonnais Keizan, cela apporte une autre couleur. Un peu moins épique que l’original, mais plus lumineux. Et de la lumière, on en a bien besoin.
Je vous en aurai parlé avant France Inter et Télérama. Car oui, les lois de la programmation audiovisuelle ont leurs lois que la raison musicale ignore (je sais que j’ai raison, quelque part). C’est ce que disait l’historique Dj Fab, à sa manière, dans une interview chez Grice Tv. Le genre de dj qui peut engueuler un dancefloor pas assez pointu, tout en le défiant d’aller chercher sa sélection sur Shazaam. J’aime bien.
Bref, comme ton dirait ton oncle libre penseur mi-déconfit mi-raison, « si t’écoutes pas, comment tu peux savoir si t’aimes ou pas ? ». C’est tout.
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