4 sons qui mettent une bonne pression

« Le dimanche, on fait rien comme des gros manches ». C’était l’accroche de Jules Edouard Moustic, quand il présentait encore le journal de Groland, le dimanche. C’est pas tout à fait vrai.

Je m’inscris en faux, et je sais bien que vous aussi. Même quand vous ne faites rien, vous faites encore quelque chose. Car non, vous n’êtes pas fait de pierre ni d’algorithmes, et vous ne vous réduisez pas à la routine d’un emploi ou un autre. Vous êtes plus que votre fiche de poste ou que le résultat de votre occupation rémunérée. Ah, Groland et son sens du décalage : si l’émission de Groland semble perdurer, tel un confetti venu du passé dans la galaxie Bolloré, Jules-Edouard Moustic a pris la tangente. Et je soupçonne ce facétieux personnage d’avoir toujours su éviter la paralysie dominicale. Hier, j’ai découvert qu’il avait créé sa webradio à lui, nommée « I have a dream ». J’essaierai de prendre le temps de voir ce que ça donne. En ce qui me concerne, hier j’ai écouté du très bon son.

Ne rien faire, comme Karl « the Voice » Leury

Et puis, qu’est-ce que rien ? L’être, c’est jamais le néant, et puis si pour vous c’est rien, ça change rien : sachez que parfois, rien faire, c’est important. Faire face, et éviter la fuite vers le contenu permanent, qui ne remplit pas nos besoins. Peut-être parce qu’en repoussant toujours la finalité, la course du consommateur moyen finit toujours par lui rappeler son manque de moyens. L’anthropologue marxiste Marshall Salins soutenait la thèse audacieuse selon laquelle les sociétés de chasseurs cueilleurs comme des sociétés d’abondance, par le temps qu’elles savaient accorder à des activités relevant du temps libre, et hors de la sphère marchande. Si les rares sociétés de ce type ne sont évidemment pas restées figées dans le passé, et qu’il faut sans doute éviter de les idéaliser, sa pensée avait apporté une salutaire critique de nos sociétés « modernes », riches de mille et une technologies, mais souvent déséquilibrées, et produisant à la chaîne, manques et autres frustrations. De quoi calmer un peu l’ethnocentrisme occidental.

Mystères de l’évaluation

Encore sous l’émotion de mes discussions avec l’IA LeChat sur mon dernier article, aujourd’hui, j’ai décidé de faire simple. Peut-on faire confiance à une IA ? J’aurais tendance à être prudent. Pas forcément plus qu’avec un humain, mais pas nécessairement moins. Que l’évaluation de la situation soit humaine ou non-humaine, croiser les sources et varier les points de vue, c’est sans doute le meilleur rempart pour préserver son libre-arbitre.

Sans plus attendre, voici donc quelques excellents sons, sortis récemment.

4 sons sélectionnés avec exigence

Commençons avec Lila Iké, une chanteuse jamaïcaine en pleine ascension. Si vous ne la connaissez pas, sachez que c’est grave mais pas désespéré, et c’est maintenant que ça se passe ! Sur son premier album, sorti le 22 août dernier, elle propose un reggae à la fois doux et chaloupé, mâtiné de soul. Après le convaincant « The ExPerience » en 2020, elle a sorti son premier album, « Treasure Self Love ». Si la couleur du mix troublera peut-être quelques fans de Max Romeo ou de Burning Spear, l’ensemble est tellement bien mené qu’il devrait finir par les emporter. Sur un des titres, elle a invité le new-yorkais Joey Badass, pour un titre se traduisant littéralement par « Banane plantain frite ». Un appel évident à ne pas traiter le sujet du petit déjeuner à la légère. Et un clip « carte postale », rappellant l’importance d’aller se balader après. Je me demande si un(e) artiste français(e) saurait chanter nos croissants et autres tartines, avec autant de précision et de style.

Claude, vous connaissez ? Sans la playlist « Notre été 2025 », lancée par Albert Potiron sur twitter (aujourd’hui X, Musk et tout ce grand n’importe quoi… gros travail de tri !), je l’aurais peut-être jamais écouté, ce titre sorti en mai 2024.

La pression… vaste sujet. Fun fact, en cherchant le clip sur youtube, je suis tombé sur un artiste hollandais, qui chante en français… et qui a lui aussi écrit un titre nommé « la pression » ! Son clip est sorti un mois après le premier, pour couronner le tout (merde les gars, coordonnez vous non ? ) L’histoire ne dit pas s’ils prévoient de fusionner. Mais j’ai fait gaffe, et je me suis pas trompé de declau. C’est important : les confusions sur Internet ça arrive vite, demande à Naomi Klein. Sur ce titre électro pop sautillant, les lyrics démontent, voire coupent du bois et te refont la baraque. De quoi mettre la pression à toutes les plumes avec un peu d’ego, et provoquer de belles émulations. Et la prod’ est impeccable.

Et voilà qu’en troisième position arrive un superbe son de The Alchemist feat. Erykah Badu, sorti le 20 juin dernier. Un duo de grande classe, et un clip sous forme d’animation pour mieux raconter cette love story hip hop : c’est mignon comme tout. Pas de lyrics beauf ou juste approximatifs, mais des chœurs subtils et une prod’ typique de The Alchemist. A deux minutes 35, le beat entre dans une deuxième phase, pour une réalisation que l’on peut clairement qualifier de galactique.

Après la Jamaïque, la France puis les USA, dirigeons nous désormais vers les terres transatlantiques. Vous savez, ce pays imaginaire situé quelque part entre Los Angeles, New York, Marseille et Paris. Le 28 août, Sameer Ahmad et Blu ont sorti un titre sur une prod’ des Spice Programmers (avec LVMX au mix). Après deux disques célébrant la Transatlantic Shit, en 2023 et 2024, le collectif français de beatmakers continue de faciliter les undaground connexions, malgré la hausse des frais de douane. Quand on les entend deviser sur la douce prod’ de Lo Eye, on se dit que ces deux rappeurs auraient pu se retrouver en finale d’un concours des rappeurs les plus flegmatiques du game. Les connaisseurs apprécient déjà.


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