Dabaaz ne fait que raconter sa vie. Et il le fait plutôt bien.
Si son nom ne dira rien à de nombreux auditeurs de rap de moins de 30 ans, rappelons qu’il a fait partie d’un groupe important du rap français. Triptik, un groupe à l’énergie particulière et aux flows tentaculaires. Fidèle à mon contexte, je me contenterai de citer quelques sons me venant en tête spontanément, pour avoir frappé mon encéphale à des moments cruciaux. « Bouge tes cheveux », « Au téléphone » avec Zoxea (un drôle de texte qui revisite l’histoire des diplodocus ou d’un autre sujet je sais plus bien, bref démerdez vous un peu), « Panam’ » ou encore « Le piège », magnifique récit rétrospectif sur une collab’ transatlantique, plutôt prestigieuse à l’époque. Là aussi, faites vos recherches bande de sales jeunes.
Raconter sa vie dans ses pires incertitudes, exposer ses faiblesses, c’est déjà pas si mal, pas si fréquent dans un rap français qui peine parfois à sortir de certaines figures imposées (dealer triste, dealer content, iencli ami des ienclis, caissier ou grossiste, fais ton choix, mais en gros clairement les mecs ont un truc à te vendre.)
Il ne fait que raconter sa vie, disais-je. « Ne me parle pas de come-back, je ne fais que vider mon sac », rappe t-il, avec des textes de vieux briscard ne cachant rien de son usure, ni de son envie de continuer à occuper la place. Il en parlait récemment, en se confiant sans détours au micro de « staytunedtv ».
Le flow et les textes sont toujours précis, faisant peu de concessions à l’air du temps, et toujours capable de découper ses rimes avec précision chirurgicale, comme sur Blind. A la confection d’instrus qui fleurent bon la e-mu sp1200, on retrouve Dj Sek, producteur de l’historique label Time Bomb, Drixxé, le beatmaker en titre de Triptik ,mais aussi 8Sho du groupe Eddie Hyde.
Appréciez, ça sent bon le rap sans calcul et l’amour de la rime. Y a pas de titres en trop, pas de remplissage pour faire tourner inutilement les serveurs. Et ça c’est beau!
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Une réflexion sur “Dabaaz ne fait que raconter sa vie”