Playlist : 12 titres influents

En parcourant la presse hexagonale rurale et urbaine, je suis tombé sur un article recensant les personnages les plus influents dans le rap français. C’est vrai ça, qui influence qui ? Et comment ça se mesure ?

Après un peu voire beaucoup de travail, le personnage influent se mesure en visibilité et/ou en revenus, évidemment. Et peut-être aussi en copinages divers et variés. Le fameux sens du réseau, mais aussi l’amitié, la noble, la vraie ? Sans doute que tout ça se recoupe parfois. Une rapide recherche google me confirme que ce concept d’article est devenu vraiment influent : chercheurs les plus influents, dircoms aussi, et même DRH les plus influents ! Que du fun.

Circulation circulaire du manque d’imagination ou émulation permettant à chacun(e) de donner le meilleur de son influence de sa meilleure vie, le tout se coordonnant magiquement grâce à une main invisible façon Adam Smith ? J’en sais rien, mais j’avais envie de lancer le débat. Alors bien sûr, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, et sans doute séparer l’influenceur de son influence. On n’est pas à un paradoxe près, comme un manichéen appelant à la nuance. L’époque me dit « sois toi, fais ton truc », mais l’époque me dit aussi « hey, regarde, pour être au top, tu dois être influent ». il semble être admis qu’être influent est devenu le graal de la reconnaissance, si ce n’est un objectif de vie. Mais est-ce que l’époque pourrait pas aussi se prendre une pause autrement qu’avec une appli ? Sales paradoxes.

Comme on me disait gamin, « s’ils vont se jeter dans un puits, est-ce que tu vas le faire aussi ? Bonne question. Les as de la rhétorique diront sans doute que poser la question, c’est y répondre. Mais si tu suis, tu seras toujours derrière.

Donc fatalement, qui suit qui ? Et si celui que vous suivez se retourne vers vous, que faire ? Et au fait, le monde se divise t-il en seulement deux catégories, les meneurs et les suiveurs, ou y en a t-il d’autres, des fois ?

Autant de questions auxquelles ces articles « top influence » ne répondent pas.(d’ailleurs, pourquoi ne font-ils pas des « tops influence » hebdomadaires ? Ou même un top des taupes ? )

Mais trêve de nanalyse, j’ai aussi un cœur. Si vous n’êtes pas ici pour ma prose, vous êtes sans doute pourvu(e) d’une belle curiosité musicale. Et on va pas se mentir, je serais sans doute ravi de pouvoir vous influencer un peu. Mais pas plus que ça. Je propose, vous disposez, il faut être force de proposition. Mais peut-être que l’expression est passée de mode et qu’elle a été remplacée par un anglicisme ou autre acronyme. Et ça fait quelques années que mon travail s’exerce loin de toute ambiance corporate. Et même si je loupe sûrement de chouettes séminaires d’entreprise, on peut pas tout avoir. Mais même si c’est (très) intéressant, assez parlé de moi.

Connaissez vous Jimmy ? Jimmy qui ? Jimmy Whoo. Hypnotique comme le bleu de Klein, sa musique a accouché d’une nouvelle mixtape.
Écouter un titre de Flynt, ça procure parfois la sensation d’une bonne secousse. Ou d’une claque dans la gueule. Vous pourrez le vérifier avec l’extrait que j’ai choisi, tout droit sorti de son dernier album : Monsieur Julien. Du rap d’adulte, sans mauvaises influences, ou si peu. Pour se remettre de tant de tranches de vie aux vérités bien aiguisées (comme une lame – attention âme sensible, ceci est une réf’), la douceur de Macy Lu ne sera pas de trop. Je la connais seulement depuis quelques semaines, et pourtant.

Et si ça ne vous suffit pas, vous succomberez peut-être aux délices sonores de la belle Raveena. Le magazine Pitchfork, il y a quelques années déjà, la décrivait comme « s’attardant dans des rêves évoqués avec nostalgie et une riche veine d’énergie féminine qui traverse ses relations avec sa famille et le monde naturel« . Ou, à propos de son album « Where the butterflies go in the rain », en décrivant sa musique comme aussi apaisante qu’une bonne couverture. Pas mieux. Je lui trouve un petit côté kistch, on a un peu l’impression qu’elle pense sauver le monde avec des fleurs. Sa musique révèle un certain raffinement dans les orchestrations. Instant karmique ? Peut-être (en vrai j’en sais rien, mais total respect sur vos croyances) mais il faut bien se réveiller.

Et pour ça, juste après, j’ai placé un son de Mairo. Un suisse, plus nerveux, sur le très bon « Dope ». Yep.

Pour le reste, afin de ne point alourdir votre besace après ce texte déjà long, je vous laisse écouter le jeune Farloski, le pas si vieux LVMX qui a remixé Kendrick Lamar. Mais aussi Ichon, Rose Kid, Amber Mark, Danger Zone. Et la très classieuse Yazmin Lacey, pour la touche jazz.

Sans oublier un savoureux remix de Mac Miller, par le néo-zélandais Gold Matter. Il s’est faufilé entre les droits d’auteur, en reprenant un freestyle radio du regretté Mac Miller (un couplet également enregistré sur le titre « Nebraska » d’Earl Sweatshirt, avec également Vince Staples en feat. ) Hip Hop. En plus il faisait rimer schwarma, Chewbacca et marijuana. C’est pas rien. « Je dirais même plus, c’est déjà ça« , aurait commenté Alain Souchon, après avoir capté le délire.

La playlist :


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3 réflexions sur “Playlist : 12 titres influents

  1. Et maintenant qu’on a lu l’article on commente, partage sans oublier de play la playlist !!!

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