Comme ce monde est si violent, si cruel, pour pas dire méchant méchant, comme dirait Niska, j’ai choisi de commencer l’année en douceur. En douceur mais en rythme. En rythme mais en douceur, la furie contenue mais la foi modeste, pour éviter la crise.
Calbo, Vasquez, Ekoué, K-Reen – Le métier rentre
Alors que Calbo, l’un des deux frères du groupe Ärsenik, nous a quittés ces derniers jours, commençons par (ré)écouter un titre qui figurait sur la mythique compilation « Première classe ». « C’est le métier qui rentre« , rappaient Vasquez (Less du neuf), Ekoué (La Rumeur), et K.Reen, notre Mary J.Blige française qui assurait les trois quarts des refrains RnB des titres de rap français, à la fin des années 90. Pendant les 5 minutes et 8 secondes de ce titre, chaque artiste y va de sa partition, dans une énergie qui sent bon la débrouille et l’indépendance. Et alors que son frère Lino faisait lui aussi des merveilles sur un autre titre de la compile, « Atmosphère suspecte« , Calbo assurait trois jolis couplets, simples et efficaces, pour « sortir du flou » et « mettre un coup » pour ceux qui « ont osé le mettre en joue » : « qu’est-ce qui se passe là-haut ? ».
Jaz Karis ft. Joyce Wrice – Alright
Une douce ballade (lalala), dans laquelle les deux chanteuses posent des questions aussi essentielles que « is it alright if sometimes i didn’t call back ? ». De deux choses l’une : j’ai l’impression que la question n’appelle pas forcément de réponse, mais si l’on se place d’un point de vue rationnel, clairement, la réponse est : ça dépend. De l’objet de l’appel, notamment. Mais n’étant pas tout à fait idiot, je sais bien que le cœur a ses raisons…allez, c’est ok les meufs : je m’oppose au pied de la lettre mais pas tous les jours, comme un chanteur de mauvaise foi. Et puis on sait bien que les chanteuses de RnB ont toujours aimé laisser des questions en suspens. Un peu comme les stoïciens, avec leur capacités de jugement.
Maleza – Silencio
Quelques jours avant 2026, je consultais fiévreusement mes mails, et tombais sur un message pluri-adressé, à mon attention, avec « Rap Herencia » en en-tête. Bueno, estupendo, encontraron mi correo electronico gracias a las recomendaciones del algoritmo. O algo así.
La missive se concluait par un délicat : « Merci pour votre taff de qualité. Peace. » Presque flatté par ce constat mi-subjectif, mi-incitatif, je choisissais alors de donner sa chance au lien exclusif gracieusement offert, par ce nouvel interlocuteur anonyme dans ma vie. Il faut dire que mon stock d’attention aux rp musicales étant fort limité, pour pas dire pas loin de l’épuisement, écouter cette K7 mixée impliquerait de délaisser d’autres moments de vie. Selon mon mystérieux correspondant, « Herencia est né avec l’objectif de faire découvrir le rap hispanophone en France et, à terme, dans toute l’Europe, tout en faisant connaître le rap francophone en Amérique latine et en Espagne« . Ayant gardé de chouettes souvenirs de mon séjour Erasmus en Andalousie, mais aimant aussi le rap depuis un petit bout de temps, je ne pouvais qu’adhérer au projet. Globalement le niveau est pas forcément dingue dingue (dinguerie), mais c’est tout de même coolos : de toute façon, ce n’est que mon avis, même si ça compte. Vous pourrez vous faire le votre, à partir du 1er mars. Néanmoins, pendant une écoute flottante, une artiste a plus particulièrement attiré mon attention. Une certaine Maleza, dans un duo avec une certaine Flashback.
Cela m’a amené à faire quelques recherches sur Internet. Je suis tombé sur un titre de Maleza que j’ai trouvé plutôt bien foutu, dans ses sonorités, comme dans ses alternances de douceur et de tension : « Silencio ».
Gaëtan Roussel – Souvent j’entends dire
Gaëtan Roussel, pour moi c’est un des meilleurs écrivains de chansons. Je parle pas de songwriter, parce que mon français restera pur et dur, comme les rimes de Doc Gynéco sur « Arrête de mentir« , avec Lino et Calbo d’Ärsenik. Tch Tch. C’était en 1997, un titre inédit en face b du single « Né ici« . Ce titre du leader de Louise Attaque et de Tarmac a de quoi toucher nos émotions. Je kiffe, clap clap.
Tengo John – Pluie d’été (le ciel m’est tombé sur la tête)
Parce que j’ai bien kiffé ce son, sur le disque qu’il a sorti en août dernier, « Estampes perdues ». Avec comme des petits airs de bossa nova, la vibe est bonne.
Suff Daddy, J. Lamotta & Ill Magic
Un très joli titre qui réunit un beatmaker allemand, une rappeuse californienne, et une autre d’origine marocaine, ayant grandi à Tel-Aviv. Parce que l’union internationale fait la force, mais surtout parce que le titre est très bon.
Veronicavon – Drowning In A Daydream
Il y a une semaine, j’ai découvert un groupe dont j’ignorais tout. Grâce à la magie de l’algo (dont nous sommes, rappelons le, en partie responsables), ma plateforme Deezer (no sponso mais hésitez pas à m’envoyer de la caillasse, du flouze du cash, bref du pognon du gengen, le tout avec éthique, si si la famille). Ah oui le nom du groupe : Veronicavon. Là j’écris assis dans le métro, en écoutant leur disque « Ice cream ». Le titre « Monney » me fait l’effet d’un massage dans le cou, et j’ai l’impression qu’il m’aide à me synchroniser avec mon environnement. En mouvement. Pour cette playlist, j’ai retenu le tout aussi bon « Drowning In A daydream ». Appelons à la retenue, comme l’UE ou Albert Camus.
Ace Spectrum – Keep Holding On
Parce que la soul de ce groupe américain des années 70 est sacrément bonne. Je l’ai découvert grâce à Tonton Steph (c’est son blaze de blogueur, c’est pas mon oncle).
Ärsenik feat. Mc Janik – Un monde parfait
Avec son extrait de film en intro, comme les deux frères aimaient en agrémenter leurs titres, ce son a bercé mon adolescence. Comme un conte valorisant le travail et le refus des peurs limitantes, Calbo délivrait dès le premier couplet des phases clé. Qu’on habite une cité ou un petit pavillon, chacun pouvait s’y retrouver. Célébrant l’abnégation et le travail sans mauvaise pression, le emcee du Val d’Oise jetait un sort à l’infaisable, pour le possible. Car le message de la fable musicale était claire : « complexés par rien du tout, on s’est dit « on nique tout ».
La playlist :
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