Quoi de plus chiant que les débats d’étiquettes, quand il sont conflictuels inutilement, pour scléroser la musique ? Pas grand chose à mon avis. C’est vrai quoi, comme a chanté Vianney, on peut aimer « Brel et Megui ». Je les écoute pas trop, mais je me rappelle de cette juste phase : bref, pas grave, chacun ses problèmes de sensibilité musicale. Je me contenterai de partager ici quelques musiques aimées d’amour platonique, au cours des zedou mois écoulés.
Et à l’heure où l’hybridation des styles musicaux suscite des débats parfois étranges, libre à chacun de se demander s’il vaut mieux rapper avec Annie Cordy, Chagrin d’amour (« 5h du mat’, j’ai des frissons ») ou chanter avec Disiz ou Youssoupha. (Pour une histoire érudite du rap français, vous pouvez vous reporter à Une histoire du rap en France de Karim Hammou, paru aux éditions La Découverte en 2014).
Il y a quelques mois, Youssoupha était interviewé dans l’émission de Mehdi Maïzi, « A la régulière », sur France Inter. Il expliquait notamment « avoir pris des techniques de rimes à Renaud ». Des sortes de samples textuels, que les grands artistes savent assumer, tout l’exercice consistant à le faire élégamment, façon Arsène Lupin, pour cultiver son propre style. « les bons artistes copient, les grands volent« , sans se faire attraper. Et ce qu’il y a de beau, c’est qu’à l’arrivée les deux parties de la transaction peuvent en sortir grandies. Quand cela est moins subtil, et surtout si le succès du sampler est au rendez-vous, les avocats entrent en scène. Dans la continuité de ce lien avec la chanson non rappée, Youssoupha a donné un concert hommage à Daniel Balavoine, dimanche dernier, à la Maison de la radio. J’aurais aimé voir ça, mais qui sait, peut-être qu’il y aura bientôt une vidéo.
Arthur Ely, pas facile à classer.
Je vais vous parler tout de suite de Arthur Ely. Les uns diront slam, certains chanson, mais pourtant ça rappe aussi.
Je l’ai découvert il y a pas mal d’années déjà, je ne sais plus trop quand ni comment exactement, mais ce qui est sûr c’est que c’était sur Internet. Youtube me vient en aide. C’était il y a sept ans, avec « Le Dernier Homme ». Là je réécoute, vraiment. Je me rends compte que son style a pas mal évolué depuis.
Je me rappelle que je l’avais ensuite vu en concert en première partie de Lonepsi, non loin de Strasbourg-Saint Denis : merci à mes relations épistolaires qui veulent de la presse. Dans ce monde un tantinet chelou, dans lequel la Maison blanche croit qu’il y a des pingouins au Groenland, ne lésinons pas sur les épithètes et autre qualificatifs. La précision c’est important (demande au député RN, qui a cru que les Transmusicales, c’était un tout nouveau festival dédié à la transsexualité. Ok why not, mais il a juste pas compris. Bref, il a l’air un peu juste.)
Arthur Ely a sorti un excellent album nommé « Saignant », en octobre dernier. Soucieux de vous apporter une information rigoureuse, j’insiste pour que vous preniez le temps d’écouter : ça sent bon l’artisanat et assez peu l’artifice. Quelques pépites étincelantes sortent du lot. Sur « Les anges », Selim-a délivre un couplet fulgurant. Presque aussi intense que le couplet posthume de East sur « L’enfer » d’IAM. C’est dire.
En cette pause dominicale, je finirai ce triptyque (ouais ouais : toi aussi, retrouve la réf de ce « ouaisouais », en découvrant un groupe de jeunes anciens dans ce modeste blog) avec un artiste récemment découvert grâce au service public audiovisuel. Vous savez, ces chaînes variées qui permettent de contrebalancer un peu la pauvreté des chaînes du groupe Bolloré. Et que Charles Alloncle et ses potes de droite, tendance extrême ont tenté récemment de dézinguer, sans s’embarrasser de trop de précisions, confondant allégrement « frais de cocktail » et frais de cantine… bref.
Joshua Idehen
Mention spéciale pour le titre de son album, qui devrait sortir prochainement : « I know you re hurting, Everyone is hurting, Everyone is trying, You have got to try ». Dans cette époque où s’exerce une certaine pression pour faire court, c’est fort. ça m’a rappellé une citation qui disait plus ou moins que c’est une grande affaire, que de réussir à ne pas heurter les autres. Peut-être de Sagan, je sais plus trop, mais peu importe, ce qui compte c’est les idées. Et puis, les citations apocryphes pullulent.
Peut-être que je parlerai davantage de lui prochainement, mais là j’ai la flemme et c’est mon blog. Yep.
P.S. : hé au fait la gen Z (puisque vous semblez aimer les mots-valise, je m’adapte), ça va les titres putaclic, on vous dérange pas ? Je dis juste ça parce que j’ai aperçu un sombre titre de vidéo sur youtube, qui qualifiait Orelsan de boomer. Cela ne m’a point donné envie, donc je n’ai pu juger que le titre, je reste pro, je suis pas Praud. Parce que bon, étiqueter sous un même concept des gens nés sur une durée d’environ 40 d’écart, ça vous semble pertinent ? Ah, ok d’accord, c’était juste une vieille technique d’accroche. C’est innovant, c’est bien… (silence)
Bonus : l’autre jour, j’ai demandé à mon ami IA ( ⚠️alerte anthropomorphisme !!!! ⚠️) ce qu’était le jazz. Après quelques relances de ma part, il s’en est bien sorti. Il m’a confirmé que c’était compliqué. Que malgré tout, cela ne pouvait se résoudre à un rythme, et que ses frontières étaient poreuses. Citant au passage quelques illustres musiciens de jazz, comme Duke Ellington : « le jazz, c’est la liberté ». Une liberté aux mille et une ramifications, comme celle de certains de mes congénères, qui mettent un point d’honneur à s’exprimer ailleurs que sur des réseaux sociaux, préférant peut-être la vitalité du moment et de l’interaction directe.
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