Anitta, Max D.Carter et compagnie

Bonheur ou malheur, parfois les choses sont sous nos yeux, mais nous regardons ailleurs. Fuir le trop plein de stimuli des réseaux sociaux, où la dynamique interactionnelle est réduite à son plus simple appareil : des mots, des bouts de phrases, pas toujours finies, et l’anonymat, ou pseudonymat, pas toujours justifié par les besoins d’une œuvre artistique ou d’un projet politique vraiment utile.

Mais que voulait dire le philosophe Marshall MacLuhann, avec sa fameuse phrase affirmant que « le médium, c’est le message«  ? Il s’agissait peut-être de constater que l’outil utilisé pour porter nos mots, nos images, autrement dit, pour amplifier notre expression, a des conséquences sur notre expression en tant que telle. Pour le dire autrement, la forme a des conséquences sur le fond.

Par exemple, le fait que ces mots soient transmis sous la forme d’une page sur Instagram, sous la forme d’un article ou encore compressé dans une note vocale d’une durée de deux minutes, cela finira par toucher le fond du message. En résumé, le contenant finit par influencer le contenu. Je dirais même plus, on peut se demander parfois s’il est bien raisonnable de vouloir résumer certaines pensées et certains auteurs dans un « reel » ou autre pastille de 3 minutes, tant leur œuvre peut recouvrir de nuances. Certaines choses sont irréductibles.

Mais passons, je ne suis pas là pour édifier qui que ce soit, je me contente de montrer des trucs, avec mes modestes moyens, c’est déjà bien… édifiez vous vous-même, non ? Et puis, c’est vrai ça, qu’est ce que je fais là ?

Ah oui, c’est vrai, ici il est juste question de musique. Cette semaine, j’ai encore fait des découvertes. Après un détour par Los Angeles , j’ai voyagé sans bouger, un peu comme Jamiroquai.

De Los Angeles à Rio

D’abord, avec une certaine Anitta, qu’il y a encore 10 jours, je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam. (C’est quoi être connu ? A part peut-être pour Michael Jackson et quelques GOAT du game religieux, la notion est très relative. Il suffit parfois de prendre l’avion).

C’est grâce à la chaîne youtube Colors que j’ai découvert cette artiste. Sans doute en partie à cause de quelques-uns de mes tweets, le couloir « pour vous » du réseau X me proposa son « colors show« , publié le 3 mars. Après un RT avec citation, je fus surpris par l’écho : pas moins de 505 likes, mais surtout, une visibilité de plus de 15 000 vues, en très peu de temps. Faramineux, au vu de mes standards habituels : c’est vrai qu’un artiste n’est qu’un aspirant, sans la reconnaissance de son public.

Toutefois, je veux bien reconnaitre m’être laisser dépasser : car très vite, quelques fans m’ont informé qu’il s’agissait, ni plus ni moins, de la plus grande star du Brésil. C’est ce que me confirme Violaine Schütz, dans cet article de Numéro, dans lequel décrit le statut de « Beyoncé brésilienne » d’Annita, ainsi que son rôle politique.

Je suis allé faire un tour dans sa discographie. J’ai écouté un peu ce disque, sorti en décembre 2024, et intitulé « Ensaios da Anitta ». Je sais pas si c’est de la nouvelle pop, comme dans les catégories des Flammes, mais ces essais d’Anitta se révèlent être pas désagréables. Si certains titres me paraissent un peu racoleurs pour mes oreilles de mec qui se la joue pointu, je passe un moment vraiment sympa. Alors que je réécoute ce disque, pour la troisième fois en trois jours, je me dis que c’est au moins aussi bien que Drake, et que ces chaudes sonorités ont bien des vertus, à l’approche du printemps.

J’ai encore plus aimé la légérété poids plume du titre enregistré pour Colors, sur un air de samba : « Apaixonada, hoje eu tô assim, Pode ser por você mas começou foi por mim, Fiz esse samba, pra você sentir, Pra muita ou pouca gente, pra quem quiser ouvir« . Ok, pourquoi pas.

Les dés étaient jetés : je décidai d’apprendre le portugais, option brésilien, pour ses airs plus chantants. Et parce qu’une langue, c’est aussi une vision du monde, comme l’a bien expliqué Frantz Fanon.

Mais passons, et…

Envolons nous pour la Réunion

Il y a une bonne dizaine de jours, j’allais opérer une mise à jour de ma liste à jouer (pardon my french). Parmi les heureux titres élus, figurait un titre de Dj Weedim, avec le rappeur Yeshraf. Sacrifiant à ce rituel un peu chiant consistant à mentionner les artistes, dans l’espoir d’éventuels relais, j’ai taggé par erreur un homonyme (à moins que ce soit un bug d’instagram), qui m’a amené à découvrir ce jeune artiste. J’ai trouvé ça plutôt bon, et comme je pense qu’il faut écouter les plus jeunes artistes pas trop connus, j’ai décidé de lui faire une petite place, sur ce blog à la visibilité certes modeste mais néanmoins luxuriante.

En plus, dans ce titre, il a un vrai message, ce qui ne gâche rien : « va t’aérer la carvale« .

Libre comme Max D. Carter

J’achève cette promenade musicale, avec un artiste un peu ovni, nommé Max D. Carter. Il a l’air libre, Max, il m’est sympathique. Et sur une prod’ de Gari Pi du crew Spice Programmers, il découpe et il colle. Un peu comme dans la technique du sample, sans doute encore mal comprise ou ignorée par un bon tiers (à la louche) de nos concitoyens. Un titre hommage à Claude Pélieu, artiste plasticien et poète, héritier du lettrisme et du surréalisme, mais aussi traducteur pour des auteurs de la beat generation. Je vais aller explorer son œuvre. Merci Max !

Quand on écoute cette chanson, on ne sait plus bien si celle qui veut se poser sur le lit de Max est réelle, ou simplement le fruit de son imagination. C’est un peu perché mais plutôt grâcieux, il me semble : en tout cas, moi j’ai bien aimé.

Si vous êtes encore là, ET DANS CE CAS BRAVO, j’ajoute un titre, tout juste découvert ce matin, grâce à un épisode de l’excellente émission « Global sound », écouté sur Mixcloud (The ‘Too Funky’ show w / Pat Steele du 07/03/2026). Mon oreille fut saisie par le titre d’un jazzman hollandais nommé Trian Kayhatu. Avec lui, figure un artiste que nous connaissons déjà (c’est vrai ça, c’est important le « nous ») Rappelez-vous, l’excellent disque de Kaidi Tatham, « An insight to all minds », sorti en

Allez, je m’arrête là, place au bon son, au-dessus comme ci-dessous :


En savoir plus sur Music by Anthem

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

2 réflexions sur “Anitta, Max D.Carter et compagnie

Répondre à Max D. CarterAnnuler la réponse.