Après le 8, en toute logique arithmétique, eh bien c’est le 9. Le son de la semaine n°9.
Qu’il est doux d’écrire sans pression. D’ailleurs, c’est quoi la pression ? Si l’on en croit Charles Barkley, célèbre basketteur qui a fait les beaux jours des Phoenix Suns, c’est ce qu’on met dans les pneus. D’après une anecdote de famille, un de mes cousins aurait glissé cette belle citation, ironique et technique, dans une dissertation.
C’était il y a un moment déjà, quelque part au milieu des années 90. A l’heure de l’IA ou pas (hier encore, un agent IA a remixé un écrivain, disparu, dont je lui parlais), je voulais rendre hommage à cette audace littéraire. Et par là même, inciter les lycéens à hausser le niveau, en classe ou en manif’. Au-dessus des pièges que la violence, sous toutes ses formes, ne manque pas de nous tendre.
Alors, ce son de la semaine, c’est quoi le concept ? Grâce à un ingénieux système de « semaine glissante autonome », je suis toujours à une semaine d’écart de l’autre son publié. Enfin, plus ou moins. D’ailleurs, à en croire votre silence pas toujours éloquent, vous n êtes pas à ça près. Et puis ça va, j’ai reçu un ou deux fax encourageants : ça réchauffe ! Sans doute, investir dans sa plume aujourd’hui, cela revient plus ou moins à miser sur le cheval après l’invention du moteur à explosion. Tant pis. On verra.
En parlant de plume, revenons au rap et à son mouvement. Salutations à un grand rappeur français, qui nous a quittés cette semaine. Graver la vraie vie dans le pavé, comme les rappeurs des X men en 1997, Prince Waly le faisait très bien. Mêlant réflexion, introspection et parts de fiction, il maniait la plume et le micro avec style. Ayant eu la chance de le croiser brièvement, je peux attester avoir, moi aussi, rencontré un être humain rayonnant, simple et souriant. Paix à son âme.
Et le son de la semaine, alors ?
Oui oui, j’y viens. Fidèle à mon contexte et mes idées de voyage sans bouger, parfois, c’est vrai, j’aime musarder. Ce matin j’écoute le « Machiko » de Joyce Wrice, sorti aujourd’hui. 40 minutes de disque, c’est un peu court, non ? Mais bon…peut-on juger un disque à sa durée ? Là je suis vers la piste 6, piste 7 : ça va décoller, à un moment. Mais bien sûr, c’est sans doute un peu tôt pour mesurer sa portée. Y ai-je trouvé le son de la semaine ? En tout cas, pas pour l’instant.
L’écoute matinale, est-ce un concept ? Mais qu’est-ce qu’un concept ? Ces derniers jours, lors d’une tentative de discussion (si on peut appeler ça comme ça), avec ce même « IA », cet avorton numérique a cru pouvoir résumer l’un de mes articles à, je cite, « une sélection musicale pour contrer la torpeur du dimanche ». « Clickbait » ou putaclic, on ne sait pas bien, mais c’est fort racoleur. Si l’on met de côté l’aspect calendaire, cet agent est fort superficiel.
Je dirais même plus, il a jugé l’article à sa couverture. En effet, point de mention de torpeur dans l’article, ni même de synonyme : il a confondu accroche et substance, le bougre ! Un bel exemple de tout ce qu’il ne faut pas faire pour résumer un article. Entre nous, il faut bien le dire (alerte anthropomorphisme ⚠️) : cet agent est idiot ! A moins que ce soit plutôt lui qui nous prenne pour des tebê ? Quoiqu’il en soit, à la fin, tout le monde est perdant.
Ah oui, j’oubliais, le son de la semaine, pardon…

Lily Maalouf demande un peu de confiance
Tout le monde en parle mais personne ne l’a vue. Non, je ne parle pas de la proposition politique qui apaisera une société française un brin tendue, mais bien de la confiance. C’est le thème d’une chanson de Lily Maalouf, « Trust me », qui m’a été proposée par une attachée de presse. C’est une chanson d’une grande douceur
Assez vite, je me suis demandé si je pourrais vraiment évoquer Lily Maalouf sans parler de son illustre père, Ibrahim Maalouf. Sans besoin d’un grand débat sur la notion d’héritage, et la possibilité ou non de « tout prendre » au-delà de 12 millions d’euros (apparemment c’est pas gagné), il faut bien dire que l’héritage, c’est un peu comme la confiance : lui non plus, il ne se voit pas à l’œil nu.
Mais alors que la confiance semble fragile comme du cristal, l’héritage, c’est du solide. Qu’il soit matériel, symbolique, intellectuel ou même spirituel, il est encore là, d’une manière ou d’une autre. Comme dans cette chanson un peu sombre de Benjamin Biolay, nommée « ton héritage » (à ne pas écouter tout de suite). Si vous avez davantage besoin d’un boost de confiance, je vous suggérerais plutôt le vibrant « Confiance » de Tiemoko, dans lequel il a convié le old timer EJM. De quoi éviter le court-circuit. Eh non, ce n’est toujours pas le son de la semaine !!
Mais bref, trêve de réfs. Quelle que soient nos intentions, il nous rattrape toujours, entre être(s) et avoir(s). Ce son de la semaine, c’est bien celui de Lily Maalouf. Enfant de la balle, elle s’est déjà essayé à plusieurs instruments, avant d’opter pour la guitare. L’autrice compositrice franco-libanaise, âgée de 16 ans, a déjà arpenté de belles scènes, avec son trompettiste de père. À l’occasion des deux concerts célébrant les 90 ans de Quincy Jones, les 28 et 29 juillet 2023. Ou en tournée, récitant un long monologue écrit par Sharon Stone, pour la chanson « Our flag ».
Et dans certains cas, c’est une affaire de famille mais aussi un métier. Comme la famille Chedid, la famille Higelin ou la famille Blanc-Francard. Comme pour Thomas Dutronc, Stephen Marley ou Femi Kuti. J’en passe et j’en oublie. Cette jolie chanson, « Trust me », est le préalable à un premier ep en cours de préparation. Il devrait naviguer entre influences pop, soul et jazz. Écoutez plutôt :
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