A force de chercher à trier des milliers de mails adressés plus ou moins à tous, j’ai pu passer à côté de deux ou trois infos. Enfin, c’est pas bien grave, relativisons : j’aurais pu choper la bigfloéolite des grandeurs…
C’est plus ou moins ce que je me suis dit, quand hier, je suis tombé sur la belle analyse critique d’un instagrammer nommé Etienne Lautrette. Bref, si « les autres c’est nous », comme affirmait le titre d’un des albums de Bigflo et Oli, qui est donc cet Etienne dont j’ignorais l’existence, il y a encore quelques semaines ? Non, il ne s’agit pas d’un alter ego parallèle à moi-même, que j’aurais créé pour les besoins de cette sorte de conte en filigrane, que je poursuis péniblement depuis quelques articles. Mais peu importe, laissons cela de côté. Vous irez voir plus tard, si vous voulez bien, passons.
Car bien au contraire, tout va bien, ce matin, je réécoute le disque « Essence and elements » de Awa Ly. Et je réalise que sa musique est sacrément apaisante.
Dans le flux des messages bloqués et de ceux qui ne seront peut-être jamais écrits, sa musique m’apaise. De quoi éviter toute folie FOMO, ce concept de psychologie, qui avait inspiré un titre à Juste Shani.
A mon avis, les concepteurs du concept « fear of missing out » ont sans doute sérieusement besoin d’un break, eux aussi. J’avais brièvement évoqué ce concept, dans l’exergue de ma fameuse playlist, et de son article qui parlait de Jeff Bezos. Ce chauve qui, quoi qu’il arrive, aura fait date : un peu comme ce tigre tué par un caniche nain, dont parlait Oxmo Puccino, dans « Toucher l »horizon » (2004).
C’est vrai quoi, pas la peine de vouloir tout faire rentrer dans des catégories…le réel est trop large, et le futur rarement complètement écrit, dieu merci. Même si bien sûr, on a besoin de 2 ou 3 concepts, pour penser. Je ne sais pas s’il faut jeter la psychanalyse avec l’eau du bain, comme semble le suggérer le média LesJours, dans un article que je lirai peut-être, si un de ces jours je me réabonne. Dans un autre article, qui n’a rien à voir, ils ont croisé PLK et Henri Salvador. Et en tant que membre permanent du conseil d’administration de l’URLIRCF (Union pour la Revalorisation des Liens Insoupçonnés entre le Rap et la Chanson Française), je ne peux que soutenir la démarche. C’est un média plutôt intéressant, avec un certain punch. Mais restez ici, en plus c’est gratuit (pour le moment).
Mais je m’égare, recentrons nous sur la sélection musicale à venir, éclectique.
Respire, on t’a dit
Awa Ly, disais-je. Voici un titre, extrait de son très bel album, « Essence and Elements », qu’elle a sorti en mai 2025 (la bonne musique ignore le concept de première semaine). Son message est universel. J’en parlais déjà dans cet article, en mars 2022 : il faut que tu respires.
Hommage à Jospin
Cela n’aura échappé à personne, Lionel Jospin nous a quitté. A l’instar du dessin de Coco dans Libération, on pourra voir dans cette révérence, un lendemain de municipale, un écho étonnant à son retrait de la vie politique, en 2002. Comparaison n’est pas raison mais on pourra sans doute y trouver matière à réflexion, à un peu plus d’un an des présidentielles.
Pour le moment, voici une sélection non exhaustive de titres citant Jospin, cet homme politique au style austère. D’abord, avec les Triptik feat. Svinkels, ces deux groupes majeurs du rap français, au corner des années 2000.
Attention, éloignez les enfants et âmes sensibles, le titre à venir compte quelques grossieretés. Cela dit, c’est sans doute moins vulgaire qu’une femme de multimilliardaire évoquant le choix de vie des SDF. Au passage, on a là un magnifique document restituant l’énergie du rap français, à une époque où le Nicolas Sarkozy était un jeune ministre de l’intérieur en pleine ascension. Dans ce morceau en forme de pamphlet musical, c’est une rime du regretté Nikus Pokus, qui ramenait l’austère ex-trotskiste dans le jeu.
Attention, figure de style
Dans une audacieuse prosonomasie : « comme Lionel, j’ose peindre mon pays en dream », post trauma des présidentielles de 2002. Pensée pour la police de proximité, que Sarko avait alors raillée (faites vos recherches).
Ouhlala, que de fougue, n’est-ce pas ? Pour redescendre, et sans plus attendre, poursuivons avec un titre un peu plus posé : un son de La Cliqua, nommé « On ira tous au paradis » (1999). Un titre dans lequel le emcee puncher Daddy Lord C, était on ne peut plus clair : « que ce soit Mobutu, Kabila ou bien Jospin, parler de politique dans mes lyrics, crois pas que j’ose pas ».
Et pour finir ce petit échantillonage non exhaustif, nous réécouterons avec plaisir « Juste un loser », de Fisto. Au milieu d’un tas de rimes truculentes, ce rappeur du sud de la Loire montrait qu’on pouvait parler politique, sans se prendre trop au sérieux, en partageant son expérience de port « d’un masque de Lionel Jospin, dans les meetings RPR ». Toute une époque !
Au fait, peut-être trouvez-vous mes articles pas inintéressants, et que vous seriez pas contre me donner un p’tit coup de pouce. Et puis même si on s’amuse bien, c’est du taf. Et c’est connu, tout travail mérite salaire.
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